Nombreux sont les enfants et les jeunes qui se découragent, ils trouvent qu'ils ne progressent pas assez vite (auto flagellation es-tu là ?..)
Confiance en soi, patience, persévérance… Face à une difficulté, un enfant peut rapidement penser qu’il n’y arrivera jamais. Pourtant, apprendre, c’est aussi essayer, se tromper, recommencer et progresser à son rythme.
Comment aider son enfant à ne pas se décourager, sans minimiser ses difficultés ni lui demander d’être positif à tout prix ?
Apprendre à lire, résoudre un problème de maths, faire ses lacets, jouer d’un instrument, réussir une figure en sport… Pour un enfant, chaque nouvel apprentissage demande du temps et des efforts. Et les moments de découragement font naturellement partie du chemin.
Lorsqu’un enfant apprend quelque chose de nouveau, les progrès ne sont pas toujours réguliers. Il peut réussir un jour et avoir davantage de difficultés le lendemain.
Le découragement ne signifie donc pas qu’il est incapable d’y arriver. Il traduit souvent simplement l’écart entre ce qu’il aimerait réussir et ce qu’il est capable de faire pour le moment.
L’objectif n’est pas d’empêcher toute frustration, mais d’aider l’enfant à comprendre qu’une difficulté peut être temporaire.
Un simple changement de vocabulaire peut d’ailleurs faire une différence :
« Je n’y arrive pas » peut devenir « Je n’y arrive pas encore ». Ce petit « encore » ouvre une possibilité : celle de progresser.
Une bonne note, un exercice réussi ou une médaille font plaisir. Mais si l’on félicite uniquement le résultat, l’enfant peut finir par penser que seule la réussite compte.
Il est également important de remarquer le chemin parcouru :
« Tu as essayé plusieurs fois. »
« Tu as trouvé une autre façon de faire. »
« C’était difficile et tu as continué. »
« Regarde ce que tu arrives à faire aujourd’hui alors que c’était compliqué il y a quelques semaines. »
L’enfant apprend ainsi à reconnaître ses progrès, même lorsque l’objectif final n’est pas encore atteint.
L’erreur est souvent vécue comme quelque chose qu’il faudrait éviter. Pourtant, elle fait partie intégrante de l’apprentissage.
Se tromper permet de comprendre ce qui ne fonctionne pas, d’essayer autrement et d’ajuster sa stratégie.
À la maison comme à l’école, on peut donc aider l’enfant à considérer l’erreur non comme un échec, mais comme une information utile pour avancer.
Au lieu de demander immédiatement : « Tu as réussi ? », pourquoi ne pas essayer :
« Qu’est-ce qui t’a semblé difficile ? »
« Qu’est-ce que tu pourrais essayer autrement ? »
« De quoi aurais-tu besoin pour continuer ? »
Voir son enfant lutter peut être inconfortable. On connaît la réponse, on sait comment faire et il serait tellement plus rapide de lui montrer !
Mais intervenir immédiatement peut aussi lui enlever l’occasion de chercher par lui-même.
On peut plutôt lui laisser quelques minutes, lui proposer un indice ou découper la difficulté en plusieurs petites étapes.
L'idée n'est évidemment pas de le laisser seul face à une difficulté insurmontable, mais de trouver le bon équilibre entre aider et laisser essayer.
Persévérer ne signifie pas s’acharner ! Lorsque la fatigue, l’énervement ou les larmes prennent le dessus, continuer à tout prix n’est pas toujours utile. Faire une pause, bouger, boire un verre d’eau ou reprendre l’exercice plus tard peut permettre de repartir dans de meilleures conditions.
Apprendre à persévérer, c’est aussi apprendre à reconnaître le moment où l’on a besoin de souffler.
Les enfants observent beaucoup la façon dont leurs parents réagissent à leurs propres erreurs.
Un gâteau raté, un meuble impossible à monter, une nouvelle application qu’on ne comprend pas immédiatement… Ces situations quotidiennes sont autant d’occasions de montrer que personne ne réussit tout du premier coup.
Dire devant son enfant : « Je me suis trompé, je vais essayer autrement » peut parfois être plus instructif qu’un long discours sur la persévérance.
Un enfant qui refuse systématiquement d’essayer n’est pas nécessairement paresseux ou peu motivé.
La tâche peut être trop difficile, les consignes mal comprises, mal lues ou lues trop vite ou la peur d’échouer trop importante. Il peut également avoir besoin de davantage de temps, d’encouragements ou d’un accompagnement adapté.
Lorsque le découragement devient fréquent, notamment dans le cadre scolaire, il est intéressant de chercher ce qui se cache derrière le « je n’y arrive pas » plutôt que de se concentrer uniquement sur le résultat.
Regarde tout ce que tu sais déjà faire ! Les progrès sont parfois tellement progressifs qu’on finit par ne plus les voir.
Aider son enfant à se souvenir de ce qu’il ne savait pas faire quelques mois auparavant permet de rendre le chemin parcouru plus visible.
Marcher, faire du vélo, lire, nager, calculer… Toutes ces compétences ont demandé du temps et de nombreux essais.
La confiance ne vient pas de la certitude de réussir à chaque fois. Elle se construit aussi lorsque l’enfant découvre qu’il peut rencontrer une difficulté, chercher une solution, demander de l’aide et essayer à nouveau.
Et parfois, le meilleur encouragement tient simplement en quelques mots :
« Tu n’y arrives pas encore. Mais regarde déjà tout le chemin que tu as parcouru. »

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