Conformément aux directives du PER, l’école a la haute mission d’amener progressivement les élèves à un niveau de lecture qui inclue la compréhension de textes variés, la capacité à apprécier des œuvres littéraires et à développer ses goûts de lecteur.
Sauf que dans la réalité, ce n’est pas gagné… « Des élèves ne parviennent pas à résumer un texte, car le sens d’une partie des mots leur échappe, constate Marie Pedroni, professeure en Valais qui enseigne le français à des élèves du Secondaire I qui ont entre 12 et 15 ans. Ils ne maîtrisent pas la lecture ni l’écriture qui sont fondamentales dans tout apprentissage et qui leur permettront d’être autonomes dans l’existence. » Sans bases solides, ces élèves trainent leurs lacunes et ouvrir un livre est pour eux une corvée, une obligation. Or familiariser l'enfant dès son plus jeune âge avec toutes sortes d’ouvrages conditionne sa relation à la lecture. « Dans les petits degrés, les élèves sont motivés à apprendre à lire, observe Valéry Schmocker, chargé de mission pour l’enseignement de la lecture dans le canton de Neuchâtel.
Après plus on avance dans la scolarité, plus la motivation à se consacrer à la lecture au travers de médias classiques – livres, journaux – semble diminuer. Cela peut s’expliquer par les difficultés rencontrées dans le passage à la lecture individuelle ou la possible concurrence des réseaux sociaux. » Les écrans sont accusés d’empêcher la concentration nécessaire à la lecture et d’affaiblir aussi la pensée et la réflexion.
Chez les 11–15 ans, il est difficile de ne pas voir un lien entre le temps consacré aux écrans – 4,5 heures par jour en semaine et près de 8 heures par jour le week‑end* – et le nombre croissant d’élèves qui ne lisent pas de livre pour le plaisir.
« Ce qu’on lit sur les écrans demande moins d’effort et d’implication, remarque Emmanuelle Sarrasin, directrice de Lire et Ecrire Valais, association engagée dans la lutte contre l'illettrisme. Plus ludiques, plus attractifs, les réseaux sociaux où il y a peu de texte, surtout des images et des vidéos ont pour conséquence d’appauvrir la lecture et l’écriture. »
Surfer sur ce type de contenus où tout est jeté et rien n’est pensé n’agite nos émotions et notre cerveau qu’en surface. « Alors que lire un roman nécessite un engagement qui dépasse largement le simple décodage d’un texte qui défile sous vos yeux, relève M. Schmocker. Avec la lecture, l’élève réfléchit, analyse, interprète, améliore son esprit critique et élargit sa vision du monde. »
L’étude PIAAC menée par l’OCDE en 2023 indique que 22 % soit 1,25 million des adultes en Suisse possèdent de faibles aptitudes en lecture. « Cela signifie qu’ils ne comprennent pas une notice de médicament, un mode d’emploi ou un texte administratif, souligne Mme Sarrasin. Dans leur quotidien et au travail, beaucoup de ces personnes se retrouvent en situation d’échec et voient leur vie impactée. » À l’école et au-delà, savoir bien lire rend plus serein, renforce la confiance en soi et en son avenir.
*Enquête HBSC 2018
**PISA 2022
François Jeand’Heur
Quelques adresses…
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Médiathèque Valais
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