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Trop, c’est trop !
Du point de vue du parent En attendant leur enfant, les parents ont déjà un projet sur lui. Et oui, il a été ou non désiré mais il est dans le ventre de sa mère et déjà, papa et maman imaginent comment sera leur petit : à qui va-t-il ressembler, de qui tiendra-t-il son caractère ? etc. Les parents projettent sur leur enfant, souvent inconsciemment, leurs propres désirs et c’est normal. Mais…une fois l’enfant là, le désir se confronte à la réalité et parfois, c’est la déception. Pourtant l’enfant n’a rien fait et n’a rien dit pour. Il est déjà porteur de beaucoup d’illusions parentales et ce n’est que le début… Pour répondre à une injonction qui dit « Il faut stimuler les enfants dès leur plus jeune âge, c’est le meilleur moment, on nous l’a dit, tout se joue avant 6 ans », les parents se mettent en quête de ce qui sera le mieux pour leur enfant et c’est normal. Mais…le mieux est parfois l’ennemi du bien. C’est vrai, on croit bien faire parce qu’on l’a appris. On est conditionné, un peu, beaucoup.
Dans le domaine intellectuel, parce que c’est bien de celui-là dont il s’agit, celui-là qui est valorisé à outrance dans notre société, on donne beaucoup à notre progéniture pour être sûr qu’elle sera dans la course dont je parlais tout à l’heure, qu’elle sera comme les autres pour ne pas être mis au banc de la société, recalé, et différent. C’est cette différence qui pourrait faire souffrir l’enfant. C’est là que le bas blesse. En le stimulant à l’excès, que ce soit par l’achat de jouets, de gadgets, que ce soit par l’inscription à toutes sortes de cours, que ce soit en l’ abreuvant de nouvelles informations, si on ne respecte pas son rythme de développement, ni son espace-temps, au sein de la famille, à l’école ou ailleurs, il risque fort de souffrir. On ne peut pas demander à un enfant de faire une course à vélo alors qu’il apprend à marcher. C’est ce que parfois nous exigeons de lui et c’est impossible !
Les parents comme les enfants sont essoufflés de vivre à ce rythme épuisant « boulot-activités-garde des enfants-dodo-boulot, etc. ». C’est un cercle vicieux. Pressurés eux-mêmes sur leur lieu de travail, ils rentrent fatigués à la maison. Ils demandent à leurs enfants de faire leurs devoirs, alors que les enfants en question viennent de quitter l’école, fatigués par leur journée. Ils sont peut-être allés entre temps à leur cours de musique et à celui de tennis et doivent être sages à la maison. A quel moment ont-ils un moment à eux, seul, pour souffler, jouer, rêver à être des enfants insouciants ? Certains parents vont jusqu’à éliminer toute activité ne rentrant pas dans le cadre d’une compétition les préparant ou les condamnant à réussir. Ce qui génère beaucoup d’angoisses. Parents et enfants sont dans la même galère et il faut pouvoir s’arrêter une fois dans cette vie vertigineuse pour réaliser qu’il est temps de changer les donnes.
Du point de vue de l’enfant L’enfant, tout petit, a des compétence psychiques et intellectuelles prêtes à fonctionner. Elles ont besoin de l’interaction avec l’environnement afin de pouvoir s’exprimer. Le petit enfant est prêt à apprendre, à explorer et découvrir le monde qui l’entoure. Mais il a aussi besoin de temps pour intégrer ses nouveaux apprentissages. Il peut donner l’impression de tout assimiler, mais attention, toute nouvelle situation demande une adaptation à la fois psychique et physique. Il peut exister un décalage entre le développement des connaissances et des possibilités de l’enfant et sa maturité affective. L’enfant subit de fortes pressions et le plus souvent avec la notion ou l’obligation de réussir. On lui demande trop. Il en résulte un stress voire une sensation d’insécurité et de peur : peur de ne plus faire face, peur de ne pas réussir, peur de l’échec, peur de décevoir ses parents ou l’entourage, de ne pas se conformer à l’image que l’on attend de lui, peur de l’école… Beaucoup d’enfant sont fatigués et ils ne demanderaient qu’à arrêter cette spirale dangereuse, mais ils veulent répondre aux exigences de ceux qu’il aime de peur de ne plus être aimé.
L’enfant se sent à la fois pressuré et frustré de ne pas toujours répondre aux exigences des autres, qui deviennent parfois les siennes. Cette vie fractionnée entre école, activités, devoirs, met en danger son équilibre psycho-affectif qui signifie le renoncement à un légitime désir d’évasion. |