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Frères et sœurs: dialogues d'amour et de haine

Logo_Edp_150.jpgRésumé d'une conférence du Dr Nahum Frenck, Pédiatre FMH, Thérapeute de famille


Nous voyons dans différentes histoires de la Bible (Cain et Abel, Jacob et Esau, …) qu’il est impossible de séparer la relation fraternelle de la relation des enfants avec leurs parents. Pour pouvoir comprendre ce qui se passe, nous devons tenir compte de l’ensemble des membres de la fratrie: quand l’homme et la femme décident d’avoir un enfant, ils entrent dans une nouvelle phase de relation. Le couple conjugal devient couple parental et doit apprendre en 9 mois un nouveau rôle qui n’est pas facile.
   
Mais … grâce au fait que chaque parent est un ancien enfant, nous avons tous au fond de nous la «cassette vidéo» enregistrée chez nos parents et sur laquelle nous pouvons «visionner» nos relations avec nos parents, nos frères et sœurs, l’attitude de mon père envers ma mère en tant que conjoints et coparents, l’attitude de mon père vis-à-vis de nos frères et sœurs ainsi que celle de ma mère vis-à-vis d’eux,…Cette cassette s’enclenche automatiquement au moment où nous devenons parents et que nos enfants nous posent des problèmes. Mais c’est nous qui avons la télécommande  et nous pouvons, à loisir, revoir certaines scènes indéfiniment pour mieux les comprendre, mieux les connaître pour s’en inspirer ou faire différemment..
Il est indispensable de prendre conscience de l’existence de cette cassette, d’accepter son histoire d’hier.

Face au modèle parental de la cassette, il y a 3 possibilités :

Faire pareil, faire le contraire ou s’inspirer et faire différemment en fonction de son propre désir et de son propre vécu? Dans tous les cas, la cassette a servi de modèle. C’est important de prendre ce qui est bon et de jeter ce qui ne convient pas. C’est important d’avoir une partition à jour. Mais c’est à nous de l’interpréter.
L’arrivée du premier enfant permet au couple de prendre conscience de l’irréversibilité parentale de ce couple. Ils ne seront plus ce qu’ils étaient. Ils ont crée un 3ème être.


Et tout change:

S’installe un nouveau rythme de vie, la liberté individuelle diminue et on est moins disponible pour l’autre conjoint. Le duo devient trio et il peut y avoir des réactions: le père peut se mettre en compétition avec l’enfant et lui en vouloir, la mère peut se cramponner à son bébé, ne vivre que pour lui pour faire quelqu’un de lui ! Le faire réussir ! L’enfant qu’elle tient dans ses bras peut devenir, pour la mère, l’enfant qu’elle fut elle-même, dans les bras de quelqu’un qui lui donne l’affection qu’elle n’a pas eu.
C’est l’identification projective: il y a quelque chose qui s’établie de l’ordre du 2+1 (1 mère+1 enfant=2+1 mari)
Tout au long de sa vie, on se charge d’expérience qu’on utilise dans les situations de vie qu’on rencontre. En ce qui concerne l’ «élevage» de nos enfants, nous pourrons lire tous les ouvrages que nous voudrons, suivre tous les cours possibles, aucune expérience ne sera plus importante pour nous que celle que nous avons vécue enfant, celle qui se trouve enregistrée dans notre fameuse cassette !
C’est dans nos familles d’origine que nous, parents, nous avons le plus appris du savoir-faire avec les enfants. Et lorsqu’on a soi-même des enfants on comprend mieux ce qui se passait dans la tête de nos parents. Le processus d’éducation est fait de la compréhension des désirs parentaux et l’adaptation de nos comportements.

Les différentes interactions amoureuses dans la famille:

Identification aux parents. Du point de vue des parents, avec le premier enfant tout est nouveau, c’est le grand apprentissage. Avec le 2ème, les choses ne se répètent pas entièrement. Le comportement, le rôle d’un enfant dans une famille sera déterminé par le rôle que lui attribuent ses parents et sa fratrie, par le rôle qu’il se donne et qu’il prend afin de se singulariser des autres. Les rôles que nous avons au sein de notre famille sont le résultat de nos bénéfices à les investir et des attentes des autres membres à notre égard. Ces rôles nous permettent de nous distinguer, d’être différents à l’intérieur de la masse familiale.
Le rôle que nous avons est celui qu’on nous propose et celui qu’on investi car on y a un certain nombre de bénéfices. Ce jeu familial a lieu d’une façon spontanée dans toutes les familles.
Les parents ne sont pas les seuls à attribuer des rôles à leurs enfants. Les enfants aussi s’attribuent des rôles. Attention à l’étiquette qui colle à la peau de l’enfant et dont il ne pourra se défaire. L’enfant pourra être bloqué dans un rôle par les parents, par lui-même, par les frères et sœurs.
La relation du parent avec ses enfants sera fortement  influencée par la position du parent dans sa propre fratrie.
En effet, c’est de sa position dans sa fratrie d’origine que l’on a  l’expérience la plus intense, c’est celle qu’on connaît le mieux. Les autres positions on ne peut que les imaginer. En s’identifiant à son enfant, le parent peut se mettre dans la peau de l’enfant qui a la même position et le même sexe que lui dans sa fratrie d’origine.
Le parent aura des relations complémentaires ou interactives quand il a affaire à des enfants occupant la place de nos propres frères et sœurs.
D’une manière générale, on peut dire que si un parent essaie de comprendre ce que son enfant ressent, il a le plus de chance d’y arriver avec celui qui occupe la même position que lui dans sa propre fratrie. Ainsi le père, aîné de sa fratrie, s’identifiera probablement le mieux avec son fils aîné. De même une mère cadette de frères aura plus de facilité à comprendre sa fille cadette. Plus grande est la similarité des positions fraternelles entre père et fils et mère et fille et moins seront grandes les difficultés d’identification.


Justice et équité:

Etre équitable c’est traiter l’enfant selon l’âge et le besoin, ce qui est différent de l’égalité. Les parents ont tout intérêt à prendre conscience de l’extraordinaire sensibilité des enfants aux injustices potentielles et à reconnaître que l’appréciation différentielle aidera davantage leurs enfants que les traitements préférentiels.
De la même façon, il faut éviter les comparaisons. Il vaut mieux décrire ce qu’on voit ou ce qu’on éprouve, tout simplement.
Et, au lieu de donner exactement la même quantité à chaque enfant, il faut chercher quels sont les besoins de chacun. Toute attitude préférentielle de la part des parents a des conséquences négatives pour l’enfant laissé pour compte, sans pour autant influer favorablement sur l’adaptation et la confiance en soi du préféré.


La jalousie:

La jalousie à l’égard d’un frère ou d’une sœur est un des facteurs qui permet la différenciation entre moi et autrui, de se dégager de la confusion d’identité et de rôle. Le frère ou la sœur permet à la fois une identification et une prise de distance constitutive de la personnalité. Exister, dans la famille, c’est se différencier.
La relation fraternelle implique souvent un vif désir d’être ensemble, des aides mutuelles, un langage spécifique, des défenses vis-à-vis de l’extérieur et une résolution rapide des conflits. La fratrie a donc, dans certaines conditions, la capacité d’agir comme un groupe indépendant des parents. C’est la confusion entre soi et autrui qui fait le fond de la jalousie. Le jaloux ne sait que réagir en spectateur paralysé par l’action du rival.


La présence d’un «enfant à problème»:

L’enfant à problème devient plus qu’un problème :
Les parents exigent des autres enfants qu’ils agissent de façon à compenser le fardeau que représente l’enfant à problème
Le besoin des autres enfants (ceux qui n’ont pas de problèmes) sont niés.
Les autres frères et sœurs se mettent à en vouloir à l’enfant à problème.
Même les enfants qui ont de sérieux problèmes devraient être traités comme les autres frères et soeurs. Ils peuvent faire bien plus que ce que nous les pensons capables.
Les parents doivent redéfinir les choses en termes de besoin et/ou de difficultés. Certains enfants peuvent avoir des plus grands besoins ou de plus grandes difficultés. Mais chacun est capable de progresser et de changer.
Les enfants qui ont des problèmes n’ont pas besoin qu’on les considère comme des enfants qui ont des problèmes. Ils ont besoin :
1. qu’on reconnaisse leur frustration
2. qu’on apprécie ce qu’ils ont accompli, même si ce n’est pas parfait «cette fois-ci tu as bien progressé»
3. qu’on les aide a trouver la façon de faire mieux.

Questions

  1. Comment l’identification du parent se fait-elle dans une famille monoparentale ?
    C’est la même chose que pour une autre famille. Dans une famille monoparentale on coupe le lien conjugal, pas le lien parental. L’interaction se passe avec l’un ou l’autre, chacun dans son univers propre. Mais les interactions se font de la même façon.

    Influence de la famille sur les autres membres de la famille:
    Plus il y a de conflits entre les parents et les enfants, plus il y a de conflits entre les enfants. Souvent les conflits dans la fratrie sont des caricatures de conflits d’adultes.
  2. Comment se passe les conflits dans une famille recomposée ?
    Tout d’abord les enfants ne sont pas frères et soeurs et ils ne doivent pas se sentir tel. Et il ne faut pas leur dire qu’ils le sont. Ils sont là à « cause » de leurs parents. Forcer la chose est dangereux

Le résumé de cette conférence a été fait par Isabelle Henzi de Boissoudy de l’association Lausanne Famille.

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