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Sexualité dans la fratrie: un défi pour les parents

LA SEXUALITE DANS LA FRATRIE :  DEFI POUR LES PARENTS

Docteur Olivier Bonnard, Psychiatre FMH, médecin adjoint au SUPEA
Résumé par Isabelle Henzi de l’association Lausanne Famille
Environ 3 pages A4 - Nous vous conseillons de l'imprimer

Ce thème traite du double sujet de la sexualité dans la fratrie et de l’interaction sexuelle dans la famille.

A. La sexualité dans la fratrie
Interactions sexuelles entres frères et sœurs d’âges très différents: Aspect gênant et pathologique: comportements que l’on peut appeler incestuels.
Interactions sexuelles concernant des enfants d’âges proches: découverte réciproque de la sexualité.

B. Les interactions sexuelles dans la famille et entre les générations

1ère caractéristique: Les érotismes familiaux

Ils démarrent dés l’aube de la vie psychique dans la famille, entre les générations, entre la mère et bébé.
La relation mère/bébé: relation très proche, qui peut être également le propre d’une relation père/bébé. Elle provoque des sensations érotiques chez le bébé: l’alimentation est un des premiers plaisirs. Rapidement il a du plaisir à suçoter et petit à petit, la zone érogène buccale donne du plaisir sans l’allaitement et prend son émancipation de l’allaitement ( plaisir de la lolette,…). Du coté maternel, l’allaitement déclenche des sensations dans le mamelon (zone érogène secondaire).
Ces érotismes familiaux provoquent parfois des problèmes:

  • chez la mère, une partie des problèmes de l’allaitement sont liés avec des difficultés de la mère à vivre ses érotismes;
  • chez le père, il est géné de s’approcher de son bébé pour le changer, surtout s’il s’agit d’une fille.
    Défi insurmontable pour certainsqui se retranchent souvent derrière une pseudo paresse, indisponibilité.

2ème caractéristique: Appui du développement sexuel sur le développement ou sur l’auto-conservation
La sexualité vient se développer dans une zone qui est, par ailleurs, nécessaire à la survie. Mangeant, donc survivant, l’enfant petit à petit, imprègne cette activité d’érotisme, ce qui donne le suçotement du pouce,..

3ème caractéristique. excitation / calme; mère excitante / mère calme
La vie du bébé est rythmée par des alternances de relations excitantes(alimentation, soins du corps,…) et calmes (sa mère ne l’investit pas de la même manière) avec sa mère ou son père.

Le rythme nictéméral:

  • rytme excitation/calme.
    Michel Fin, analyste français parle de "La censure de l’amante": Moment où la mère, après avoir nourri bébé, peut aller seule vers le père pour devenir une femme utilisant son érotisme de femme adulte avec son mari, homme adulte.
    Pour cela, il faut que bébé s’endorme. La difficulté à instaurer ce rythme nictéméral, fonction de la sexualité maternelle et de la sexualité du couple, est une des grandes sources de problèmes du sommeil chez l’enfant.
    Idem pour les plus grands: la journée est rythmée de moments d’excitation/calme. Le rôle des parents est de ramener des enfants excités à plus de calme. Ils ne peuvent le faire seuls car leurs jeux d’ enfants comportent une excitation analogue à une excitation sexuelle. Cette mise en œuvre d’un érotisme entre frère et sœur, plus encore entre frère et sœurs d’àges différents, menace cette alternance nécessaire.

1§ - Organisation sociale contre intimité et troubles de l’intimité
Le conférencier insiste sur la question des repères culturels nécessaires pour appréhender la problématique sexuelle. Comme le sexuel n’est pas abordé naturellement par le psychisme humain, la société tout entière doit servir d’appui au psychisme individuel pour régler cette problématique sexuelle personnelle.
Référence historique: L’empire Romain. Mr Pascal Guignard: "le sexe et l’effroi". Gallimard- Paris
Les quelques diapos sur des fresques de Pompéimontrent la relation quotidienne et culturelle des Romains sur le sexuel.

2§ - Excitation et pulsion
La sexualité nous impose un défi, expliqué en partie par la néothéniepsychique:
Difficulté psychique de l’enfant pour gérer ses sensations et ses émotions.
Pendant la 1ère partie de notre existence nous gardons l’inachèvement de notre naissance. Le bébé ne peut subvenir seul à ses besoins, ne peut vivre ses mouvements d’excitation érotique sans l’appui de personnes matures autour de lui.

Une stratégie pour faire face à cette néothémie psychique:
le développement sexuel en 2 temps

  • 1er temps: 0 à 3 ans: Développement sexuel important
  • 2ème temps: de 3ans à la puberté: mise en latence du développement sexuel. Le développement psychique rattrape le retard pris en fonction de la néothénie. Elle est un problème, mais aussi une chance car l’enfant accompli alors un énorme travail psychique.

Question: Existence de la néothémie d’une part et de zones érogènes qui fonctionnent déjà (bébé). Existe-t-il un rapport entre les soins maternels et le développement des zones érogènes?
Réponse
: Il y a les deux. Il y a une prédisposition des zones érogènes et les soins maternels permettent leur développement. Mais l’enfant lui même, par son auto érotisme contribue, dés qu’il a commencé à prendre du plaisir dans ses zones érogènes, à leur développement.

La pulsion: carburant mental
Elles permettent notre développement psychique et affectif . Une mise en acte sexuelle normale dans la fratrie ( ils jouent au docteur…) représente des centaines d’heures de jeux excitants et pulsionnels qui comportent une excitation analogue à une excitation sexuelle, autour de cette mise en acte sexuelle proprement dite, mais qui ne sont pas une mise en acte (vélo, chatouilles, Play-mobil…).

3§ - Sexualité Infantile et sexualité des adultes: des grandes différences
On doit y penser quand on réfléchit aux soubassements psychiques qui animent la sexualité infantile.

1ère caractéristique de la sexualité des adultes:
Elle utilise tour à tour les différentes zones érogènes et chaque zone utilisée ultérieurement reprend l’ensemble des émotions et des sensations de la zones érogène antérieure.

2ème caractéristique de la sexualité des adultes: pulsions partielles /pulsions totales:
La sexualité infantile utilise les zones érogènes de manière indépendante les unes des autres: chaque zone cherche à se satisfaire pour son propre compte. C’est une sexualité partielle.
La sexualité des adultes utilise la sexualité partielle dans les préliminaires mais la rencontre sexuelle elle-même utilise toutes les zones érogènes, y compris la zone génitale qui subsume toutes les zones partielles.

  • La haine de l’infantile. Le plaisir de nos émois infantiles (plaisir du bébé,…) n’est plus du tout accessible chez nous (dénié ou clivé). Si nous sommes confronté à notre sexualité infantile, nous cherchons tout d’abord à nous en débarrasser. Ce qui nous prive de tout un contact avec notre propre sentiment d’enfance. On perd le contact affectif avec l’enfant qu’on était et avec les enfants qui sont autour de nous.
  • Face à nos enfants: Une vie sexuelle conjugale harmonieuse
    Notre rapport à l’infantile n’est équilibré que si nous avons une sexualité d’adulte harmonieuse. Cette harmonie nous rassure constamment sur l’usage que l’on peut faire de la sexualité.

4§ - Voir- Savoir- Connaître: Transformation du voyeurisme en pulsion à connaître
Le voyeurisme est très important dans notre développement psychique: nous voulons toujours voir la scène qui a été à l’origine de notre vie. Tout notre voyeurisme est porté par le fait que la "scène primitive" que nous voulons voir, nous ne la voyions jamais, donc nous cherchons toujours à voir, à savoir plus. Il se transforme en pulsion à connaître. Nous sommes construit dans une frustration à connaître la "scène primitive". Dans l’interdit de connaître, de voir, l’enfant développe son imagination.

Des enfants ont une activité érotique ensemble, que faire? Interdiction ou pas? C’est à décider en famille, en son for intérieur. Mais une fois ou l’autre on leur interdira quelque chose (la censure de l’amante). Et c’est grâce à ces frustrations que le psychisme du bébé, de l’enfant se développe et qu’ il apprend à apprivoiser sa solitude.

Résumé

  • Nous devons faire un travail incessant en nous même pour faire face à la sexualité de l’enfant et pour faire face à notre sexualité infantile en nous réactivée par celle de nos enfants
  • On doit accepter que la famille soit un lieu d’érotisme intergénérationnel. C’est toujours une question à reprendre et qui reste moteur de notre vie.
  • Nous devons reconnaître combien la sexualité nous inquiète mais qu’elle permet notre essor psychique.
  • Quelle est la vrai sexualité de l’enfant? On ne sait plus quelle est notre sexualité infantile mais c’est cette incertitude qui nous permet d’être des parents potables pour nos enfants.
  • Pourquoi avoir tant de peine à considérer la sexualité infantile chez soi-même? Parce qu’elle est justement tout autre et qu’il ne faut pas s’en débarrasser mais chercher à voir quelle voie elle suit pour être assumée.
  • Quelle part donner au voyeurisme qui a mauvaise presse? Il faut lui donner une grande part tout en se disant qu’il y a un voyeurisme qui est vraiment pulsions partielles. Mais vouloir voir la scène primitive c’est vouloir savoir et c’est ce savoir qui nous rend intelligent.

Questions

1 . Développement de la sexualité de l’enfant unique:
Son psychisme se développe de la même façon, car il ira chercher ailleurs, avec ses copains. Tout ce qui a été dit est valable entre enfants qui ne font pas partie de la même fratrie.

2. Absence du père ou de la mère dans la sexualité
Différencier l’absence concrète de l’absence dans l’esprit de la mère. Influence dans les mouvements identificatoires, mais cela se passe également quand les deux parents sont là. C’est important pour l’enfant que la mère ait une relation avec un homme pour l’équilibre sexuel. Pas de relations particulières entre l’absence du père et les jeux sexuels d’enfants

3. Si un enfant a vu ses parents faire l’amour?
Le sexuel est quelque chose de particulier qui ne peut être ramené au langage de tous les jours. Qu’il ait vu la scène primitive, qu’il ne l’ai pas vu, il l’imagine et même s’il l’a vu il l’imaginerait quand même, car il y a des tas de choses que l’on voit, qu’on refoule et qu’on reconstruit. Ca n’a pas une importance capitale, mais des parents qui se ficheraient complètement des regards enfantins portés sur leurs ébats (idem pour la cassettes pornos à disposition des enfants), ce n’est pas bien car l’enfant ne se construit plus.

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